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La « Gap Law » au Liban : comprendre les défis de notre reconstruction

La « Gap Law » au Liban : comprendre les défis de notre reconstruction

Le pacte de confiance au cœur de notre économie

Nous partageons tous une conviction profonde au quotidien. Les économies d’une vie entière, confiées à une banque, constituent le socle de notre sécurité. Ce pacte de confiance tacite représente la pierre angulaire de toute économie moderne. Personne ne s’attend à ce que ce sanctuaire financier rencontre de tels obstacles du jour au lendemain.

Pourtant, c’est précisément le défi que nous relevons aujourd’hui au Liban. La crise financière a mis à rude épreuve ce pacte sacré. Elle a nécessité un gel de l’épargne pour des millions de citoyens libanais. Face à cet effondrement sans précédent, le gouvernement propose la loi qui vise à restructurer le secteur financier et à organiser le retour des dépôts.

Une lecture nécessaire des réalités institutionnelles

En analysant ce texte, nous découvrons la complexité de la gestion d’une faillite nationale. Les choix proposés illustrent les dilemmes du pouvoir public. Quatre points majeurs nous permettent de mieux comprendre cette étape de notre histoire. 

Ils parlent de la responsabilité partagée et du nouveau statut des déposants. Ils parlent aussi de l’application des lois et de la distribution des coûts.

Une responsabilité systémique qui dépasse les clivages

Dans le discours public, l’État est souvent perçu comme un simple arbitre. Or, la réalité de la crise au Liban montre une imbrication profonde entre le public et le privé. La « Gap Law » reflète cette situation exceptionnelle. Cette crise n’est pas uniquement le fait de décisions individuelles. Elle est le fruit d’un système complexe et interdépendant.

L’héritage des politiques monétaires passées

Le texte de loi souligne d’ailleurs cette dimension collective. Il rappelle que le Liban traverse une crise née de choix budgétaires accumulés. Les décisions prises durant les dernières décennies relèvent d’une gestion publique sous haute tension. Nous pensons aux problèmes financiers qui ont affecté nos institutions. De plus, nous constatons les effets d’un système de subventions devenu trop lourd.

Les défis de la puissance publique libanaise

Le maintien d’un taux de change fixe a longtemps soutenu notre consommation. Mais, cette politique a fini par épuiser les réserves de la nation. Des investissements massifs dans les infrastructures, comme l’électricité libanaise, n’ont pas donné les résultats espérés. Le défaut sur la dette publique a ensuite marqué un tournant décisif. La « Gap Law » tente aujourd’hui d’encadrer les conséquences de ces choix historiques.

Vers une reconnaissance des limites de l’état

L’État libanais est au cœur de la machine économique nationale. Le débat actuel sur la répartition des pertes montre une réelle difficulté institutionnelle. Il ne s’agit pas d’éviter les responsabilités, mais plutôt d’atteindre une harmonie entre, d’une part, la pérennité des institutions et, d’autre part, la sauvegarde des citoyens.

gap law

Le dilemme de la classification des opérations financières

La deuxième réalité concerne le traitement des opérations bancaires passées. La loi cherche à définir un cadre pour distinguer les flux de capitaux. Pour nous, citoyens, cette approche semble rigoureuse. Elle place parfois le déposant dans une position d’attente inconfortable. L’État tente ici de sécuriser le système contre d’éventuels abus.

La complexité de la rétroactivité réglementaire

Le texte introduit des critères de vérification pour les opérations effectuées depuis 2016. Cela concerne notamment les intérêts perçus et les conversions de monnaie. Les autorités cherchent à s’assurer de la régularité de ces mouvements financiers. Cette démarche répond à des exigences de transparence souvent demandées par la communauté internationale.

Le besoin de stabilité juridique au Liban

Cependant, cette rigueur crée une certaine incertitude pour les acteurs économiques. La confiance des investisseurs repose sur la prévisibilité des règles. Au Liban, nous avons besoin de garanties claires pour l’avenir. Il est essentiel que le citoyen soit assuré que ses décisions antérieures, prises dans le respect de la loi, demeurent sauvegardées. C’est de cette manière que nous pourrons rétablir un climat favorable aux activités économiques.

Une architecture de conformité à renforcer

Le Liban possède déjà des outils de lutte contre le blanchiment d’argent. Nos banques suivent des protocoles internationaux de conformité depuis longtemps. L’enjeu de la nouvelle loi est d’intégrer ces outils sans fragiliser l’épargne honnête. Le but est de restaurer une éthique financière solide et durable.

L’application de l’article 113 face à la réalité budgétaire

La troisième vérité réside dans l’interprétation des textes fondateurs. L’article 113 de la loi sur la monnaie et le crédit est un pilier de notre système. Il prévoit que le Trésor couvre les pertes de la Banque du Liban. C’est une garantie de stabilité pour l’ensemble des épargnants.

Une tension entre le droit et les moyens financiers

La « Gap Law » interroge aujourd’hui la mise en œuvre de cette garantie. L’obligation légale se heurte à la réalité des caisses de l’État. Le gouvernement invoque la notion de soutenabilité de la dette publique. C’est un argument technique qui reflète la fragilité de nos finances actuelles.

Un arbitrage difficile pour le pouvoir libanais

L’État se retrouve contraint de prioriser ses dépenses urgentes. Il doit choisir entre le respect strict de la loi et la continuité des services publics. Ce mécanisme montre les limites de l’État de droit en période de crise majeure. Pour nous, le défi est de maintenir la force de la loi malgré les obstacles financiers.

Restaurer la signature de l’État libanais

Pour rassurer nos partenaires, la parole de l’État doit rester sacrée. La loi ne doit pas devenir une option selon les circonstances budgétaires. C’est en respectant ses engagements que le Liban retrouvera sa crédibilité. Nous attendons des solutions qui concilient les textes et les capacités réelles de la nation.

Les secteurs productifs et l’enjeu des exportations libanaises

La quatrième vérité concerne l’impact de ces réformes sur notre économie réelle. En cherchant à répartir les pertes, l’État influence directement la production nationale. Les conséquences se font sentir dans chaque entreprise et chaque foyer libanais.

Le moteur essentiel des exportations libanaises

Sans un système financier revitalisé, les exportations libanaises rencontrent des obstacles techniques. Pour commercer à l’international, nos entrepreneurs exigent des canaux bancaires souples et efficaces. Ils doivent pouvoir financer leurs cycles de production en toute sérénité. La « Gap Law » doit favoriser cette reprise indispensable du commerce extérieur.

Soutenir l’export des produits agricoles

Nous observons des défis similaires pour l’export des produits agricoles. Nos agriculteurs sont des acteurs clés de notre résilience. Ils ont besoin de capitaux pour moderniser leurs exploitations et respecter les normes. La protection de leur épargne est une condition pour maintenir nos parts de marché à l’étranger. 

Un partage équilibré du sacrifice national

Les banques et les déposants portent aujourd’hui une grande partie du fardeau. Ce sacrifice doit être reconnu comme un acte de solidarité nationale. Cependant il doit aussi être limité pour ne pas asphyxier la croissance. Il est impossible de considérer le transfert des responsabilités comme la seule solution à long terme. Ainsi, nous devons stimuler la création de richesse pour sortir de l’impasse.

Une vision pour l’avenir du Liban

La responsabilité de la reconstruction incombe à tous les acteurs de la société. Les déposants n’ont pas à porter seuls les conséquences des politiques passées. Ce texte de loi doit être le point de départ d’un nouveau contrat social. Il est obligé de préserver l’effort productif plutôt que de simplement gérer la pénurie.

S’unir pour une renaissance durable

La « Gap Law » est une étape douloureuse mais révélatrice de notre situation actuelle. Elle nous impose de regarder en face les limites de notre modèle économique. De plus, elle liquide les erreurs du passé pour tenter de dessiner un avenir. Toute solution durable devra placer l’humain et le travail au centre des préoccupations.

Sortir de l’impasse par la réforme structurelle

Le Liban peut se reconstruire s’il choisit la voie de la transparence absolue. Il est essentiel de convertir l’irresponsabilité ancienne en une nouvelle éthique publique. La reconstruction sera accompagnée d’un soutien important à ceux qui travaillent au Liban. C’est par l’effort collectif et la vérité que nous retrouverons notre prospérité.

Sources

Picto - CJ - Baynetna.media